Les 30 Ans

Les 30 Ans

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Le Prélude

Arrivé dans le département du Lot-et-Garonne, à Puymiclan, exactement en 1980, avec une idée fixe : ouvrir une station de radiodiffusion, un rêve qu’Armand DEGAN avait à cœur, depuis sa plus tendre enfance ; même qu’une réalisation avait été envisagée, lorsqu’ Armand Degan, après obtention de sa licence officielle, de radio émetteur (F8CE), des PTT, s’était heurté à l’administration compétente. C’était dans les années 1951-52 mais l’idée était toujours dans son esprit, cependant de façon latente. Voilà pour le Prélude. Mais revenons à Puymiclan où A. Degan avait acquis un manoir et c’est là que la première phase de ce projet a vu le jour et a pris forme.

Cette première phase, donc, a été consacrée à la construction des studios, l’installation du mobilier, des dépendances, des bureaux etc…à l’installation d’un atelier de maintenance et réalisations radios, à l’érection des antennes (photos) sans oublier l’enfouissement de la nécessaire prise de terre.

La deuxième phase a été consacrée à la basse fréquence, avec tout ce qu’un studio peut demander : Table de mixage, magnétos (Revox et Sony) (photos) lecteur K7, insert téléphonique, amplis et Rouge Antenne.

Des Formalités

Pendant ce temps, un appel à la bonne volonté a été lancé avec succès et voilà l’association ‘’Culture et Information’’ constituée, association nécessaire à joindre à la demande d’autorisation d’émettre qui nous sera délivrée, alors, par la Haute Autorité.

Ampliations

Donc après constitution et agrément de Culture et Information, (désignation qui dévoile déjà l’orientation de la station), l’attente et cette attente a été interrompue agréablement par un coup de téléphone par une voix féminine qui m’annonça que notre dossier a été favorablement reçu mais qu’il fallait un programme plus conséquent et celui-ci devrait couvrir 84 heures par semaine, à la différence du nôtre qui n’intéressait que le samedi et le dimanche.

A ma joie, je promis tout ce que Madame Michèle Cotta, la Présidente de la haute autorité, nous demandait. Cela tombait le 5 juillet, jour de mon anniversaire, je l’en informais et je crois que la communication s’est terminée par de gros bisous. Avec enthousiasme, notre conseil d’administration se mit au travail. Il était composé, alors de Françoise Labrunie, de Gérard Dupont, de Pierre Mouneyre et de Catherine Kasswood-Degan, pour d’abord ‘’baptiser’’ notre station. Ainsi, en toute simplicité, nous lui avons ,donné, pour remercier le village, de nous avoir accueillis, le nom de celui-ci, c’est à dire que Puymiclan allait être accolé à la radio et ainsi naquit Radio Puymiclan 95.2 Mhz. Mais c’était aussi par sympathie, envers notre maire d’alors, Monsieur André Vidal ainsi qu’envers ses administrés.

Ensuite, nous nous mîmes à l’élaboration de la grille demandée, et là, toutes les compétences du C.A se sont mises en phase. En effet, F. Labrunie était littéraire et journaliste, G. Dupont, un excellent animateur de terrain, P. Mouneyre, un technicien consommé, Catherine Kasswood-Degan, une universitaire d’Oxford, professeur aux Beaux-Arts parlant sept langues et d’Armand Degan, lui-même universitaire (notariat) rédacteur en chef du REF (revue technique radio), ancien concertiste, professeur de musicologie et de…latin.

Le résultat de cette conjugaison fut un programme qui répondait à sa devise : ‘’Communiquer à autrui ce que l’on a pu recevoir du ciel et des hommes’’.

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De la technique

Après ces formalités remplies, nous nous mîmes en quête d’un émetteur de qualité, et c’est vers T.D.F. que nous nous sommes tournés et qui remporta nos suffrages. C’était à l’époque de Monsieur Chassaing, de Monsieur Debregeas et Gamelin de Bergerac, qui, par un beau matin, débarquèrent à Puymiclan, Manoir de Rissou, domicile d’A. Degan, et les grandes œuvres commencèrent et les notes d’électricité aussi.

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A l’action

Pour remplir nos obligations promises, chacun rejoignait son poste. Françoise L. partait à la découverte d’activités ou de personnes à interviewer ou a inviter dans le cadre de ‘’Réceptions’’. Gérard D. également ramenait de l’information qu’il diffusait midi et soir, avec une pointe d’humour, chose qui l’empêchait, souvent de déjeuner ou dîner avec sa famille. Sur ces entrefaites, Monsieur Chassaing de T.D.F. nous proposa Antiope, un appareil nous permettant d’avoir de l’information nationale, ce qui nous soulagea un peu.

Quant à moi (Armand que l’on appela ‘’Papa Radio’’), je me chargeais de la composition et des productions à enregistrer, ou à l’animation en direct de divers programmes, durant l’absence de mes collaborateurs. Ainsi, durant ces passionnants débuts, le courant ne devait, que rarement être coupé, car même la nuit, tout le monde était sur le pont, l’automatisme n’existait pas encore, à part quelques autorevers qui répétaient inexorablement la même K7.

Heureusement que la législation nous a permis d’avoir le concours de personnes, dans le cadre du Travail d’Utilité Collective, TUC, pour nous seconder, durant la journée, chose qui a sérieusement allégé notre petite équipe. Mais il fallait former ces nouveaux et précieux éléments qui pour la première fois devaient s’appliquer à la lecture, à la diction et…aux potentiomètres, se familiariser au micro, à répondre au téléphone, à basculer à l’antenne l’auditeur, à tenir un conducteur, à s’initier à la technique de l’enregistrement, à la rédaction d’articles et surtout à mettre à l’aise la ou les personnes que nous recevions. C’était passionnant.

Les activités de Radio Puymiclan ne se bornaient pas qu’à rester, douilletement en studios, mais à être sur le terrain, armes et bagages ! On se faisait souvent prêter de grandes remorques couvertes, transformées pour les opérations, en studio mobile que Gérard conduisait avec maestria. Alors pour équiper ces studios improvisés, il nous a fallu construire, en notre atelier-labo différents émetteurs, amplis HF et BF ainsi qu’insert, afin de pratiquer le duplex avec les studios de Puymiclan.

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Au fur et à mesure, les années passant, après les T.U.C., l’ère des C.E.S. (Contrat Emploi Solidarité), nous a permis d’être de plus en plus actifs, avec une grille des plus chargée dans les domaines éducatif, parascolaire, culturel, théâtral musical (concerts classiques) du reportage et des langues étrangères.
Du C.S.A.

Puis grand bouleversement au sein des radios associatives avec la création du C.S.A. le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Fini les fantaisies. Un véritable professionnalisme nous a été demandé et dans le département (47) nombre de stations ont dû hélas fermer et c’est ainsi que nous sommes restés cinq dans notre région, à savoir : Radio Espoir, Radio Castel, Radio 4, Radio Bulle et Aquitaine Radio Diffusion, ex-Radio Puymiclan, à nous complémenter et nous aider mutuellement. Après le redoutable examen de nos dossiers de candidature qui nous confirmait dans notre mission, il y a eu la Nuit Bleue. En effet, le 2 juillet 1992 à 0 heure, nous avons dû accorder nos pilotes sur la fréquence que le C.S.A. nous avait allouée et régler la puissance HF en fonction de la Puissance Apparente Rayonnée (PAR) et c’est ainsi que l’on a dit adieu 95.2 Mhz et bonjour le 103.6 Mhz. Ce fut un grand moment dans notre vie de Radioman.

Parallèlement, plusieurs stations de 47 et des départements limitrophes se sont regroupés au sein de la F.A.R.L. dont Aquitaine Radio Diffusion a eu l’honneur d’être trésorier à son tout début. La F.A.R.L. est la Fédération Aquitaine des Radios Locales dont Geneviève Teyssier est la Présidente. Un grand merci à la F.A.R.L. dont le siège est à Escassefort (33), pour ses conseils avertis, ses informations et surtout en ce qui concerne le F.S.E.R., le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique, sans lequel très peu de radios associatives n’auraient pu survivre.

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1995 – 1996 / Grandes perturbations chez A.R.D.

Obligation de déplacer la station avec tout ce que cela peut représenter. Donc Branle-bas de combat ! Tout le monde s’y met ; d’un côté : recherche de locaux, recherche de points hauts, de l’autre, assurer l’intérim car les programmes devaient être diffusés. Après de nombreuses tribulations, nous arrivâmes à Meilhan-sur-Garonne (photo) où nous avons trouvé le ‘’Prieuré’’, un ancien monastère, école et hospice qui a pu ‘’engranger’’ tout notre matériel. Ce fut un grand ouf !

Mais quel chantier…Tout était à faire et à refaire. Magnifiquement reçus par la municipalité et tout particulièrement par Monsieur Fenouillet, alors maire de notre nouveau village d’accueil avec lequel nous avons eu et avons encore les meilleurs rapports, ainsi qu’avec tous les meilhanais.

Ce fut donc dans cette atmosphère de sympathie que nous avons pu reconstruire A.R.D. qui fut mise immédiatement aux services de nos hôtes, car la municipalité riche en activités artistiques, sportives (basket) et autres, nous a tout de suite confié de nombreuses animations, avec une telle confiance qui, jusqu’à ce jour, n’a jamais faiblie.

Merci Meilhan, merci à Madame Régine Poveda, maire et conseillère générale successeur de J. Fenouillet déjà cité, pour ce courant de réelle amitié qu’elle aime à entretenir de façon constante.

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Dans le temps

La technique évoluant sans cesse, il a bien fallu s’adapter, se mettre à l’ordinateur, à la diffusion par Internet, ainsi qu’aux nouvelles techniques d’enregistrement et de maintenance. Actuellement tout n’est pas parfait et à chaque jour suffit sa peine.

L’avenir témoignera peut-être de ce qu’ont semé une poignée d’amis pionniers et en particulier ce fringuant concertiste à la tête d’Aquitaine Radio Diffusion depuis 30 ans.

C’est ainsi de tout cœur que nous formons le souhait que la Culture du Savoir et la soif de Communiquer à Autrui ce que nous avons reçus du ciel et des hommes se perpétuent…

Aquitaine Radio Diffusion est membre

• De la F.A.R.L. (Fédération Aquitaine des Radios Libres)
• Du C.N.R.A. (Confédération Nationale des Radios Associatives)
• Du S.N.R.L. (Syndicat National des Radios Libres)